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Vin, volaille et gibier
L’automne et la saison du gibier approchent
à grands pas. Notre attention se tourne vers des vins différents
de ceux dégustés en été. D’aucuns
associent automatiquement le gibier et la volaille au bourgogne.
Il ne s’agit pourtant
que d’une possibilité parmi d’autres. Voici quelques
suggestions de vins pour accompagner au mieux vos préparations
de gibier et de volaille.
Le bourgogne : un grand classique automnal
Pour
savoir quels vins marier à quels plats, rien n’est
plus simple que de se fier à la saison. Ainsi, un temps chaud
va de pair avec des vins rouges et rosés, frais et légers.
Ils accompagnent à merveille les recettes estivales de barbecue
et de salades. En automne, le côté frais et fruité
des vins nous attire moins. Nous en recherchons de plus corsés,
tels le bourgogne. C’est aussi à ce moment que débute
la saison du gibier. Par conséquent, qu’associe-t-on
au bourgogne? Le gibier, pardi! D’ailleurs, on retrouve une
odeur de viande de gibier crue dans certains vieux bourgognes bien
particuliers. On dit d’un tel vin qu’il est animal,
car il présente des arômes animaux.
En outre, le bourgogne se marie avec tout ce
qui provient de la forêt: champignons sauvages, truffes, confitures
aux fruits des bois. Ces arômes se retrouvent également
dans un bon bourgogne. Les amateurs parlent parfois des arômes
d’une forêt automnale, de sous-bois. Néanmoins,
nous souhaitons faire une distinction entre deux types de bourgogne
: les fameux bourgognes masculins et féminins. A savoir les
bourgognes concentrés et puissants, tels que le Gevrey-Chambertin,
le Pommard, le Nuits-Saint-Georges et l’Aloxe-Corton et les
bourgognes plus fins et élégants, tels que le Chambolle-Musigny,
le Vosne-Romanée et le Volnay. Les premiers s’associent
parfaitement au gibier au goût prononcé : le lièvre,
le sanglier, le chevreuil et le cerf. Les seconds seront préférés
pour la volaille et développeront tous leurs arômes
avec du faisan aux chicons ou de la perdrix au chou vert.
De même, la volaille domestique (poule, dinde, caille et pintadeau)
se marie mieux avec du bourgogne féminin.
Et le bordeaux?
Les
vins de Bordeaux et de Bourgogne n’ont pas grand-chose en
commun. Et pour cause, les cépages utilisés sont différents;
le bordeaux est élaboré principalement à base
de cabernet sauvignon et de merlot (associés à du
cabernet franc, du petit verdot, voire du malbec), le bourgogne
est exclusivement produit à partir de pinot noir. Un bordeaux
se caractérise par des tanins puissants, qui lui confèrent
sa capacité de garde. Le bourgogne est moins riche en tanins,
mais plus pointu, et ses acides permettent de le conserver assez
longtemps. Alors qu’un bordeaux a généralement
un caractère puissant et terreux, le bourgogne est plus fin
et plus fruité. C’est pourquoi un bordeaux se marie
aussi bien avec du gibier que le bourgogne. Le bourgogne n’est
pas toujours le vin foncé et lourd qu’il est impératif
de boire avec un râble de lièvre mariné. Certains
bourgognes sont trop légers pour accompagner du gibier au
goût prononcé. Il faut alors préférer
un bordeaux. Mieux encore, choisissez un bordeaux masculin et corsé,
tel qu’un Saint-Estèphe, un Pauillac ou un Pomerol.
Le lièvre et le Pomerol ne forment-ils pas une combinaison
classique, très connue et recherchée?
N’oublions pas les vins de Graves et Pessac-Léognan
(une enclave dans la région des Graves, d’où
proviennent les plus grands crus). Les amateurs estiment qu’un
Graves bien élaboré associe la puissance d’un
Haut-Médoc et la rondeur et l’élégance
d’un Saint-Emilion. Il convient avec le pigeon et le canard,
deux oiseaux qui allient force et finesse dans leur goût et
la structure de leur viande. D’autres sous-régions
produisent des bordeaux corsés et costauds, qui peuvent également
accompagner du lièvre ou du sanglier, notamment Fronsac (et
Canon-Fronsac) et certains Côtes de Bourg. Citons encore le
Cahors, un vin de la région réputée pour ses
truffes, située au sud-est de Bordeaux. Servi avec du gibier
mariné et des champignons des bois notamment, ce vin concentré
et très foncé a tout pour vous séduire. Autre
conseil : si vous servez du gibier avec des fruits, veillez à
bien choisir votre bordeaux. En effet, les tanins et les fruits
sont peu compatibles. Dès lors, un bordeaux à dominante
de merlot, comme un Saint-Emilion ou un Pomerol, sera à recommander,
car ce cépage donne plus de rondeur au vin.
Des vins du sud de la France au cœur
de l’automne belge?
Ce
n’est pas parce que l’été est fini qu’il
faut oublier les vins du sud de la France. Naturellement, les vins
rouges qui se boivent frais ne conviennent pas tout à fait
aux plats d’automne. Par contre, les Côtes du Rhône,
la Provence, le Languedoc et le Roussillon produisent des vins puissants,
qui peuvent être servis à température ambiante,
en accompagnement des gibiers les plus forts. De la vallée
du Rhône septentrionale au sud de Lyon, réputée
pour sa cuisine, proviennent de véritables vins à
gibier, tels que le Cornas, le Saint-Joseph, le Côte Rôtie
et l’Hermitage. Plus au sud, nous trouvons le Châteauneuf-du-Pape,
le Vacqueyras, le Gigondas, le Minervois, le Fitou et le Bandol.
Le Madiran est, quant à lui, originaire
d’une région plus proche des Pyrénées.
Il est connu pour sa rudesse et sa structure corsée, due
au cépage tannat. On le sert traditionnellement avec du canard
sauvage ou… du foie gras.
Les autres pays ne sont pas en reste
Il n’y a pas qu’en France que l’on
trouve du gibier et de la volaille! De même, la France n’est
pas la seule à produire des vins qui peuvent les accompagner.
Si vous optez pour un vin du Chili, d’Afrique du Sud ou d’Australie,
soyez attentif au cépage choisi : le cabernet sauvignon et
la syrah sont incontestablement les cépages qui s’accordent
le mieux au gibier.
Le merlot est un cépage plus souple, qui accompagne davantage
le gibier à plumes plus léger et la volaille domestique.
Par ailleurs, l’Espagne est un pays vinicole qu’il convient
de prendre en considération : la cuisine espagnole repose
traditionnellement sur des plats copieux, et les vins espagnols,
notamment ceux produits à partir de l’excellent cépage
tempranillo, sont faits pour les accompagner.
Volaille et vin blanc?
Le vin blanc est parfois le compagnon idéal
du gibier à plumes léger et de la volaille (le gibier
au goût plus prononcé se sert exclusivement avec un
vin rouge). Vous trouverez en général votre bonheur
dans les vins d’Alsace. Par exemple, le faisan à la
choucroute se marie parfaitement avec un riesling, et le poulet
au curry avec un gewürztraminer. Mais, dans le sud-ouest, la
volaille rôtie s’accompagne des vins blancs moelleux,
tels que le monbazillac, le barsac, voire le sauternes : un régal
à essayer sans hésitation.
Le chardonnay, plutôt du type sensuel et
exotique du Nouveau Monde, fait merveille avec de la volaille à
la crème. Vous constaterez immédiatement que la préparation
joue un rôle important. Le poulet peut notamment se préparer
de nombreuses manières. Le poulet servi avec une sauce aux
jaunes d’œufs ou à la crème requiert une
touche de vin blanc, tandis que la sauce d’un coq au vin rouge
se prépare, vous l’aurez compris, avec du vin rouge,
idéalement le même.Un poulet aux légumes et
épices de Provence présente un goût succulent.
Accompagnez-le d’un vin provençal. Par ailleurs, un
plat indien, tel que le poulet tandoori, doit être servi avec
un beaujolais fruité, un rosé ou un vin d’Alsace
épicé.
Le Jura : une relation privilégiée
avec la volaille
Le
Jura est une petite région de l’est de la France, relativement
peu connue, qui produit pourtant des vins très typiques au
départ de cépages locaux. On y trouve notamment le
trousseau, peu répandu. Le poulsard est un cépage
noir, qui produit un vin rosé typé. Son fruit épouse
à merveille une volaille rôtie à la broche.
Citons aussi l’arbois blanc élaboré au départ
de chardonnay dont l’élégance se marie à
une terrine de gibier. Quant au pinot noir, il donne un arbois rouge
distingué, qui accompagne bien un faisan en cocote.
Quant au savagnin (qui rappelle le mot "sauvage"), il
est le cépage le plus connu et cultivé de la région.
Le savagnin produit un vin exceptionnel : le
vin jaune. Il intervient dans la préparation du coq au vin
jaune et aux morilles, ou poulet au vin jaune. Ce plat régional
français légendaire s’accompagne traditionnellement
d’un verre de vin du même nom. Il s’agit là
d’une expérience culinaire étonnante.
En effet, le vin jaune n’est pas un vin comme les autres :
il faut apprendre à l’apprécier. Il résulte
d’un processus d’élaboration particulier. Le
vin vinifié est élevé pendant six ans dans
des fûts de chêne, sans que l’on n’y touche
ou ni ouille. A la surface se forme un voile de cellules de levures
oxydatives, comparable à celui que produit un autre vin de
ce type, en Espagne : le xérès.
Le vin mûrit et se transforme en vin jaune, à la couleur
dorée. Ses propriétés organoleptiques présentent
un caractère d’oxydation, dû aux aldéhydes
développés. Ces arômes spécifiques de
noix, de figues et d’abricots secs, de bois et de curry, sont
étonnants.
Ce vin se conserve longtemps et gagne en complexité au fil
des ans.
Ce petit tour d’horizon gastronomique dans
l’association des vins avec la volaille et le gibier s’arrête
ici. Prenez le relais en fonction de ces critères de choix
et… de vos goûts personnels. La saison s’annonce
riche en excellents repas! Bon appétit.
Source: Site web Delhaize – auteur: Par Bruno Vanspauwen
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